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En 1965, la ville de La Courneuve commande au peintre Mentor (1919-2003) la décoration de la salle de spectacle de la Maison de la Jeunesse et de la Culture,
« Maison du Peuple - Guy Môquet ».
Ambitieuse entreprise pour cet artiste, réfugié espagnol, seul lauréat avec Picasso et Clavé de la médaille des Beaux-Arts de Barcelone. Sa mission était de tout peindre : murs, plafond, rideau de scène, soit 400 m². Après un an et demi d’un travail titanesque « La Conquête du bonheur » est achevée : plus de cent figures harmonisées dans un style monumental retracent l’histoire des hommes. C’est sur le mode épique que Mentor représente l’humanité en marche. Entièrement peinte à l’huile, et d’une grande qualité plastique, l’œuvre constitue un véritable tour de force et un jalon important dans la carrière de cet artiste.
« Jean Rollin en 1961 devient
mon ami
et mon « Mentor ». Je n’ai pas besoin d’expliquer tous les articles qu’il m’a faits avec tant d’amour et de clairvoyance. Je suis son débiteur. Je lui dois La Courneuve, cette œuvre monumentale. » Mentor, Mentor, Editions Le léopard d’or, Paris, 1993
À la visite réservée à la presse en février 1967, Mentor, avec La Conquête du bonheur obtient une mention spéciale au Prix de la Critique. Les jurés de ce Prix, (considéré alors comme le "Goncourt des Beaux-Arts") déclarent Mentor "hors-concours" car il avait reçu le Prix du dessin en 1953 et le Grand Prix du Salon des Peintres Témoins de leur Temps pour sa participation à l’exposition de 1966.
Le 21 janvier 1966, pendant qu’il travaille à l’exécution du plafond de la salle, son ami le peintre Boris Taslitzky (1911-2005) réalise un dessin représentant Mentor sur un échafaudage.
Plus tard, lors de sa visite à Mentor, tandis que celui-ci termine La Conquête du bonheur, le grand peintre muraliste mexicain Siqueiros (1896-1974) déclare que cette oeuvre pourrait marquer le renouveau de la peinture murale en France.
Dans le sobre bâtiment de la Maison de la Jeunesse et de la Culture Guy Môquet, dessiné par l’architecte René Py, en même temps que la peinture murale réalisée par Mentor pour la salle de spectacle, la ville de La Courneuve commande pour le hall de l’édifice une rampe d’escalier au grand ferronnier d’art Raymond Subes (1891-1970) et, au sculpteur lyonnais Georges Salendre (1890-1985), un
buste en granit
représentant Zoïa Anatolievna Kosmodemianskaïa, jeune résistante soviétique de dix-sept ans, pendue par les soldats nazis lors de la dernière guerre mondiale.
L’ensemble atteste la politique culturelle particulièrement active de la ville de La Courneuve, commune du Nord de la banlieue parisienne.
Dernière mise à jour de la page le
31/10/11
© Jean-François CORNUET & Isabelle ROLLIN-ROYER
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