Courneuve, fortune critique
La ville de La Courneuve organise le 18 février 1967 une présentation à la presse de la peinture murale de Mentor La Conquête du bonheur. L’assistance est très impressionnée par cette réalisation monumentale. En même temps, la visite de la nouvelle Maison de la Jeunesse et de la Culture.
Maison du Peuple - Guy Môquet à la Courneuve
Photo Eric Madelaine
qui sert d’écrin à l’œuvre est l’occasion de saluer le courage et les choix de la municipalité. Les journaux relayent largement l’information de cet événement exceptionnel à l’époque.
À la visite réservée à la presse en février 1967, Mentor, avec La Conquête du bonheur obtient une mention spéciale au Prix de la Critique. Les jurés de ce Prix, (considéré alors comme le "Goncourt des Beaux-Arts") déclarent Mentor "hors-concours" car il avait reçu le Prix du dessin en 1953 et le Grand Prix du Salon des Peintres Témoins de leur Temps lors de sa participation à l’exposition de 1966.
Isabelle ROLLIN-ROYER, janvier 2010

Jean ROLLIN, L'Humanité, 14 mars 1966

Le Grand Prix des Peintres Témoins de leur Temps a été décerné à Mentor, au cours d’une réception qui s’est déroulé vendredi soir, au Musée Galliera. De nombreux artistes, critiques d’art et personnalités parisiennes assistaient à cette manifestation. Dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion d la remise du prix (chevalet symbolique), Isis Kischka, secrétaire général des Peintres Témoins de leur Temps, indiqua que la récompense attribuée à Mentor était justifiée non seulement par le talent de cet artiste, mais par les qualités dont il a fait preuve depuis de nombreuses années en traitant de grands sujets. Ce sont précisément ces qualités qui ont motivé la décision de la municipalité de La Courneuve de confier à Mentor la décoration, à laquelle il travaille actuellement, de la Salle des Fêtes d’une nouvelle maison du peuple : 300 m2, sur le thème « La Conquête du bonheur ».

Le Journal du canton d'Aubervilliers, 1er avril 1966

À la « Maison du Peuple » de La Courneuve : Mentor peint : « LA CONQUÊTE DU BONHEUR »
Les Courneuviens ont des raisons particulières de saluer l’attribution à Mentor du grand prix « des Peintres Témoins de leur Temps », que nous avions annoncé la semaine passée.
Dans la salle de spectacles et de conférences de la Maison de Peuple, en cours d’achèvement av. Paul Vaillant-Couturier, Mentor travaille en effet à une composition épique de trois cents mètres carrés, commandée par la municipalité, sur le thème de la « Conquête du Bonheur ». La maquette et de nombreuses esquisses, déjà réalisées par l’artiste, permettent d’envisager cette œuvre monumentale avec espoir : Mentor lui consacre tout son talent, tout son cœur, et il est un des maître peintres de notre époque.
Blasco Mentor est né à Barcelone en 1919. Il a fait ses études à l’école des Beaux-Arts de cette ville. Il combattit valeureusement pendant la guerre civile et, après 1939, connut les camps de concentration que le gouvernement français d’alors réservait aux héros de l’armée républicaine. Comme beaucoup de ses compatriotes, Mentor a pris une part active à la Résistance, dans les détachements de F.F.I. du Var.
Au fil des années qui suivirent la Libération, Mentor s’est rapidement imposé comme l’un des artistes les plue en vue de l’Ecole de Paris. En 1953, il obtient le prix du dessin et est déclaré hors concours par le jury du Prix de la Critique. Ses expositions particulières dans la capitale (1946-1050-1953-1959-1961) consacrent son talent et son originalité.
A Lyon, au Musée de Mulhouse, à Poitiers et au Musée Galliéra, il a présenté des ensembles homogènes fort admirés. Il s’est fait apprécier dans maintes expositions de groupes, en France, en Italie, en U.R.S.S., au Japon, en Allemagne. Plusieurs décorations (Ballets espagnols au Théâtre Sarah Bernhardt en 1952), Paquebots Jean Mermoz, Louis Lumière, Brazza, Clément Ader, ont montré d’autres aspects attachants de sa création. Mentor doit sa notoriété à ses dons de coloriste, qui font de lui un vrai fils de Vélasquez, et à ce goût de la vie qui le porte vers des thèmes où l’homme, comme dans la « Conquête de Bonheur », a la part la plus belle. « Il est farouchement et d’instinct un témoin de son temps, qu’il peigne les petites gens d’un village provençal, un bal populaire, une académie de dessin, un épisode de tauromachie, la fatigue amoureuse d’un couple », notait naguère George Besson.
Un autre critique d’art réputé, Waldemar George, a pu écrire : « Mentor a recours à un langage plastique, qui est le bien commun de sa génération. Les liens qui le rattachent d’une part à la France et d’autre part à l’Espagne, n’en sont pas moins perceptibles à l’œil nu (…). A la France, qui est sa seconde patrie, il est redevable, comme il le dit lui-même dans une conversation avec Jean Rollin et Taslitzky, de son gai savoir et de son beau métier, de sa science du dessin et de son art d’organiser l’espace (…). L’œuvre d’art, telle qu’il la conçoit, est une affirmation, une libre entreprise et une initiative ».

L'Humanité, 20 février 1967

Le maire de la Courneuve, notre camarade Houdremont, a présenté samedi à un public d’artistes, d’écrivains et de critiques d’art, la monumentale fresque murale qui décore la salle des conférences et de spectacle de la nouvelle Maison du Peuple de la ville. Autour du maire et du peintre Blasco Mentor, créateur de cette magnifique « Conquête du Bonheur », on notait la présence de M. Jacquinot, secrétaire générale du syndicat de la presse artistique française, Jean Milhau, président de l’Union des Arts plastiques, Braun, éditeur, Maximilien Gauthier et Waldemar George, Roger Bordier, écrivains d’art, de Jean Marcenac, Francis Cohen, directeur de « La Nouvelle Critique », de Jacques Ralite, vice –président de la Fédération nationale des centres culturels communaux, Mme Banaigs, conservateur du Musée de Saint-Denis, des peintres Moretti, Taslitzky, Amblard, Clero, Milshtein, Beauregard, Pichette, Kischka, des critiques d’art Charmet, Adam, Daleveze, Dornand, Lannegrand d’Augimont, Tassart, Jean Rollin, des sculpteurs Salmon et Gibert, de M. Gaudibert, animateur du musée d’art moderne de la ville de Paris, etc.
Le ferronnier d’art Raymond Subes, qui a réalisé la rampe d’escalier du hall s’était fait représenter.

Maurice TASSART, Le Parisien libéré, 20 février 1967

L’inauguration de la « Maison du peuple » de la Courneuve, qui a eu lieu hier, aurait pu n’être qu’un événement local. Mais la façon dont a été conçue et réalisée sa décoration en fait l’équivalent de « Fée Electricité » de Dufy ou de la chapelle, peinte par Matisse des Dominicains de Vence.
Non contente de commander au ferronnier d’art Raymond Subes un escalier intérieur d’une rare élégance, la municipalité de La Courneuve a confié sa salle de spectacles à Blasco Mentor, qui voit grand, a traité sur 400 mètres carrés la Conquête du bonheur. Au plafond, quatre grandes figures masculines symbolisant les quatre points cardinaux. Sur le mur de gauche, encadrant trois fenêtres, quatre belles natures mortes qui évoquent les indispensables nourritures terrestres. La composition principale se développe sur le mur de droite et celui du fond, face au public, le rideau de scène compris. Elle illustre l’effort pathétique de l’humanité pour s’extraire de la barbarie et du chaos, jusqu’à l’explosion de couleur et de joie qui en est l’apothéose. Tout cela peuplé d’hommes, de femmes et de quelques animaux, sans accessoires allégoriques ni allusions politiques, Mentor a su échapper au double écueil de l’académisme pompier et d’un certain « engagement ». Quand à ce dernier point, il convient d eféliciter aussi M. Houdremont, maire de La Courneuve, qui, suivant l’expression même de l’artiste, ne lui a pas « cassé les pieds ».
Voici donc la peinture revenue à sa vocation première, qui est monumentale et architecturale, Souhaitons que l’exemple soit bientôt suivi.

Maximilien GAUTHIER, Nouvelles littéraires, 23 février 1967

Une maison du peuple a été inaugurée dimanche dernier à La Courneuve. Œuvre déjà remarquable sous le rapport de l’architecture, elle comporte une salle de spectavcle dont la décoration murale, due à Blasco Mentor, peintre catalan de l’école de paris, est une admirable composition intitulée La Conquête du bonheur, mais qui pourrait aussi bien être l’Ascension de l’humanité.
Sur quatre cent mètres carrés de surface, elle groupe plus de cent figures harmonisées, dans un style vigoureusement monumental – nullement anecdotique – pour donner à ressentir, tant par le dessin que par la couleur, l’exaltante synthèse des faits dont l’enchaînement constitue la trame d’une aventure qui commencée dans la nuit des temps connaît aujourd’hui son point culminant dans la conquête de l’espace.
On voit l’homme primitif s’assembler à ses semblables pour renverser un mur sombre symbolisant les puissances hostiles de la nature. C’est ensuite la découverte du feu, la domestication du cheval, les progrès de l’agriculture, la naissance des villes, la pacification des empires ; la danse, les spectacles, les jeux ; les nourritures terrestres formant de somptueuses natures mortes.
Eloquent sans la moindre redondance, le style de Mentor s’impose comme celui d’un grand lyrique de la peinture, mais attentif à fonder ses effets sur une ordonnance ou la géométrie joue le rôle qui est le sien : celui d’un support agréable à la raison (pas davantage). Il s’agit tout à la fois d’une étonnante réussite et, on l’espère, d’une leçon.
Dans le hall de ce même établissement, Raymond Subes a édifié un escalier hélicoïdal en acier poli inoxydable ; son caractère de chef-d’œuvre, tant sous le rapport du goût que de la parfaite technicité, sera particulièrement apprécié par une population composée en grande partie d’ouvriers de la métallurgie.

Journal du canton d'Aubervilliers, 24 février 1967

La Courneuve ne figure pas sur le parcours habituel des critiques d’art ; ce sont plutôt les musées et les galeries parisiennes qu’ils fréquentent. Un groupe d’entre eux, parmi les plus représentatifs, avait cependant répondu samedi 18 février à l’invitation de Jean Houdremont, de venir visiter la Maison du Peuple. Ils parcoururent le Foyer des Jeunes, les salles réservées aux réunions et aux jeux, les laboratoires photo, la bibliothèque. Mais bien entendu, c’est aux réalisations artistiques : le grand escalier hélicoïdal du hall dessiné par l’architecte communal René Py et pourvu d’une rampe élégante du maître-ferronnier Raymond Subes, l’héroïne Zoïa du sculpteur Salendre, et la décoration murale de 400 mètres carrés « La Conquête du bonheur » exécutée par Mentor dans la salle des spectacles qui devaient accorder le plus d’attention.
Autour du maire, de James Marson, 1er adjoint, de l’architecte, de Mentor, du fils et principal collaborateur de Raymond Subes, on notait la présence des critiques et écrivains d’Art, Jean Jacquinot, secrétaire général du Syndicat de la presse artistique française ; Waldemar George, Maximilien Gauthier, Jean Marcenac, Maurice Adam, Guy Dorand, Raymond Charmet, Christian Gleinu, Jean Daleveze, Lannegrand d’Augimont, Maurice Tassart, Jean Rollin, du romancier Roger Bordier, Prix Théophraste Renaudot 1961 ; des peintres Jean Milhau, président de l’Union des Arts plastiques et Cleo, secrétaire général de cette organisation ; Moretti, Pichette, Kischka, Milshtein, Taslitzky, Amblard ; des sculpteurs, Françoise Salmon et Gibert ; de M. Pierre Gaudibert, conservateur-adjoint et animateur du Musée d’Art moderne de la ville de Paris ; de Mme Banaigs, conservateur du Musée de Saint-Denis ; Pierre Braun, éditeur ; assistaient également à cette présentation qui fit la plus forte impression ; Jacques Ralite, vice-président de la Fédération nationale des Centres culturels communaux ; Francis Cohen, directeur de la revue « La Nouvelle Critique » ; Pierre Juin, chef de la rubrique culturelle de « L’Humanité » et Beauregard, directeur de la Maison du Peuple.

Jean ROLLIN, L'Humanité, 3 mars 1967

Pour beaucoup de vieux parisiens, le nom de la Courneuve évoque encore le souvenir de l’explosion du dépôt de munitions qui ravagea cette bourgade de maraîchers il y a un demi-siècle. 44.000 personnes habitent maintenant La Courneuve, devenue cité industrielle. La municipalité communiste y multiplie les réalisations. Au nombre de celles-ci figure la Maison du peuple et de la Jeunesse Guy-Môquet, inaugurée le 19 février sous la présidence de Waldeck Rochet. Ce bâtiment, dessiné par l’architecte René Py, avait été présenté la veille aux critiques et écrivains d’art qui visitèrent le foyer, les laboratoires photo, la bibliothèque. Bien entendu, c’est aux travaux de décoration, exécutés par Subes et Mentor, qu’ils devaient se montrer le plus attentifs. Une récente exposition des œuvres du maître ferronnier Raymond Subes, à l’Ecole Polytechnique, a mis en lumière la qualité de son invention et l’étendue de son savoir. La pierre, le béton, la verdure des jardins servent de support ou de cadre à sa création.
Inspirés volontiers par les rythmes et les symboles de la nature, ses grilles, ses portes, ses balcons, ses décors mobiliers allient la noblesse d’esprit à la simplicité. La rampe que Raymond Subes a conçue pour l’escalier hélicoïdal du hall de la Maison du Peuple offre l’aspect d’une élégante volute en acier poli inoxydable. La main-courante repose sur une succession de barreaux courbés vers l’extérieur en forme d’arabesque qui semblent animées d’un gracieux mouvement aux yeux du spectateur qui monte ou descend les marches. C’est la première fois qu’un ferronnier d’art est sollicité pour exercer son talent dans un bâtiment public de banlieue ouvrière.
La décoration de Mentor offre un exemple comme on n’en a guère connu de semblable dans la vie d’une commune. Il est rare que sans l’appui financier de l’Etat (M. Malraux, ministre sans le sou serait bien en peine de l’accorder, même s’il en avait envie), une municipalité embauche un artiste pour travailler pendant un an sur un thème qu’elle lui a proposé. On n’imagine pas en tout cas que le dessein de faire illustrer la Conquête du Bonheur puisse tenter un maire U.N.R. Il lui faudrait une ambition que la médiocrité de son idéal social ne saurait justifier. Allez donc prier un peintre de célébrer le bonheur pour Dassault ou les administrateurs de la Banque de Paris et des Pays-Bas : il vous rira au nez… Donner de la recherche obstine du bonheur une interprétation plastique capable d’en exprimer le sens et la beauté, voilà quelle tâche exaltante Mentor, au mois d’octobre 1965, s’est trouvé confronté. Il avait les moyens d’y faire face. Peintre de figures aussi bien que de paysages, d’animaux et de natures mortes, peintre complet, Mentor s’est affirmé dans de nombreuses compositions de caractère monumental. La reconnaissance de son aptitude à traiter de grands sujets, le Prix des Peintres Témoins de leur Temps lui fut décerné l’an dernier.
La salle de conférence et de spectacles que Mentor avait à décorer mesure 20 mètres de long, 10 mètres de large et 5,50 mètres de haut. L’artiste reçu mission de tout peindre : les murs, le plafond et le rideau de scène, soit une surface de plus de 400 mètres carrés. Le gros œuvre étant alors seul achevé, il avait toute latitude quant au choix de la technique, il aurait pu peindre à fresque comme les Anciens. Mais la palette de la fresque est limitée, moins riche en ressources que la peinture à l’huile. Par contre, ce qu’un peintre de notre époque doit retenir de ses devanciers de la Renaissance, c’est la science qu’ils déployaient dans l’art d’harmoniser les grandes lignes décoratives de leur esquisse et le monument qui leur était confié. Trois mois durant, tandis que des spécialistes préparaient et marouflaient les murs, Mentor exécuta à mi-grandeur une série de cartons pour la mise à carreau du projet.
Cennino Cennini, Florentin qui laisse un traité précieux sur les Primitifs italiens parle du « moment de jouissance incomparable » qu’est pour le peintre le contact de la touche avec le mur. Tandis que le blanc de Céruse disparaissait sous ses teintes flamboyantes et que jour après jour progressait son œuvre, combien de fois Mentor a-t-il éprouvé ce plaisir ! Pourtant, la Conquête du Bonheur fut engendrée dans la peine et le doute. Qui n’a pas vu sur son échafaudage Mentor en sueur et les traits tirés parler de sa « responsabilité » de ses « angoisses » est bien excusable de l’ignorer, car ici tout reflète l’aisance et l’enthousiasme.
Au commencement était le chaos, une grouillante multitude. L’homme naît, sort des ténèbres animales, prend conscience de la solidarité. Puis il capte le feu, renverse mille obstacles, dompte les forces de la nature, et à travers maintes péripéties s’achemine vers une contrées ou règnent l’abondance et la joie. Face à l’immense panneau qui relate cette épopée et en contrepoint avec lui, de somptueuses natures mortes de fleurs, de fruits et de gibiers encadrent les portes-fenêtres qui donnent sur le parc. Le rideau de scène représente un bal, étape d’allégresse, instant de plénitude sur la route conduisant au bonheur dont la conquête se poursuit, d’un bout à l’autre du plafond, par la Ronde de l’Espace, rose des vents glorieuse qui annonce l’humanité pacifiée de demain, maîtresse du ciel et des astres.
Ce qui frappe le plus le spectateur, c’est l’unité de l’ensemble. Unité dans la composition, d’une clarté absolue et dont tous les éléments s’enchaînent, se soutiennent, se répondent. Unité dans la couleur, sobre et vive à la fois, accentuée seulement pour souligner ce que le peintre veut dire, modelant avec puissance ses figures colossales. La vie ardente et multiple qui frémit dans cette œuvre, fit dire à Siqueiros, quand presque achevée il la contempla, qu’elle pourrait marquer le renouveau de la peinture murale en France.
Nous ne saurions trop souhaiter que de partout l’on vienne voir à La Courneuve le chef-d’œuvre de Mentor, exemple de collaboration féconde entre un grand artiste et une municipalité ouvrière. Au fronton de la Maison du Peuple et de la Jeunesse Guy-Moquet mérite d’être gravée la belle parole d’Epicure : « L’amitié fait le tour du monde et nous convie tous à nous réveiller pour la vie heureuse. »

Jean JACQUINOT, Journal de l’Amateur d’art, 25 mars 1967

Nous ne saurions trop applaudir aux efforts poursuivis par les municipalités de grande banlieue parisienne. Après Saint-Ouen, La Courneuve na mérite que des éloges. Son maire n’a-t-il pas confié au peintre espagnol Mentor (que nous admirons plus que Picasso, n’en déplaise à l’illustrissime maître récemment adulé), la décoration de la salle des fêtes de sa « Maison du Peuple » ; vaste surface qui a permis à l’artiste de donner libre cours autant à sa fougue qu’à sa sensibilité.
« La Conquête du Monde » : magnifique thème digne d’inspirer le Michel-Ange de la Chapelle Sixtine auquel Mentor a certainement songé. En effet, il n’est pour nous en convaincre que de regarder ses personnages brossés au plafond.
Nous n’admirons pas moins les somptueuses natures mortes dont l’artiste a décoré les panneaux, entre les fenêtres, de la salle des fêtes – également, l’harmonieux escalier su maître ferronnier Raymond Subes.

J.-M LANNEGRAND D'AUGIMONT, Regain, mars 1967

Pourtant ce n’est pas à Paris, mais à La Courneuve, que nous avons connu la joie artistique la plus complète de février finissant. À La Courneuve, oui. En visitant dans cette cité ouvrière en pleine expansion, la nouvelle Maison du Peuple, plus spécialement destinée aux Syndicats et à la Jeunesse. D’une architecture sobre, le bâtiment s’est surtout imposé à nous par l’exceptionnelle beauté de sa décoration intérieure. Dès l’entrée, dans le grand hall lumineux, non loin d’un buste superbe de Salendre, on peut admirer, en effet, une rampe d’escalier d’un dessin et d’une technique remarquables, chef-d’œuvre du maître ferronnier Raymond Subes. Mais là n’est pas la merveille. C’est en entrant dans la salle des conférences et de spectacle qu’à notre suite vous la découvrirez. Sur la totalité des murs, sur le rideau des scène, sur le plafond, soit sur quelques 400 m2, celle-ci est peinte ; Une immense fresque qui tournoie, vous enveloppe, vous étreint : la Conquête du Bonheur. Depuis les études préparatoires, les projets, les maquettes, jusqu’à son achèvement, elle a demandé près de deux années de travail à Blasco Mentor, son créateur inspiré. Le thème s’ordonne avec noblesse tout au long de la gigantesque composition. Le dessin est de haute qualité, les groupements heureux, les couleurs d’une rare somptuosité. Cette quête du bonheur terrestre est un hymne à la vie, un chant exaltant et grave, une incantation puissante, issue du fond des âges, d’une étrange résonance. C’est beau comme une chapelle romane, pourrait-on dire. Car cet ensemble monumental, unique dans la région parisienne, atteint à une singulière harmonie. Aussi, tous ceux qui ont contribué à sa réalisation peuvent-ils être fiers de cette extraordinaire réussite. Si vous passez un de ces jours prochains sur la vieille route de Flandre, arrêtez-vous à La Courneuve et visitez la merveille signée par Mentor. Vous ne le regretterez pas !

Raymond CHARMET, Medica, avril 1967

Mentor, ce beau nom retentissant est celui qu’Homère donnait à la Déesse de la sagesse, Pallas Athénée, incarnée dans un vieux héros raisonneur, resté proverbial. Aujourd’hui, c’est celui d’un peintre espagnol de Paris, un passionné réfléchi, l’un des artistes les plus étonnants que l’on puisse rencontrer, le seul créateur actuel d’une décoration murale somptueuse comme celle de la Renaissance, la Conquête du bonheur, à la Maison de la Culture de La Courneuve. Il faut la saluer comme une grande œuvre primitive, l’aurore de cette révolution que l’on attend depuis longtemps dans l’art moderne, l’exaltation de la force fantastique de l’humain et de l’amour, hantise profonde de notre monde compliqué, avide d’unité. Quelques critiques dont George Besson qui fut le premier à s’enthousiasmer pour lui. Waldemar George et le jeune Jean Rollin, ont reconnu l’importance de ce peintre indépendant, en vérité bien singulier. Les contrastes paradoxaux de sa race sont poussés en lui à l’extrême – tempérament d’une vigueur irrésistible, doué d’une puissance de travail formidable, Mentor est en même temps un délicat, un raffiné épris de grâce et de noblesse. Révolutionnaire farouche, qui a quitté l’Espagne après la guerre civile, athée convaincu, il déclare que le plus grand poète est saint Jean de la Croix. De plus, à l’absolu de l’âme espagnole, il a uni la culture française, dont il vénère la clarté et le rationalisme. Son art est tout aussi complexe, car rien de grand ne naît de l’élémentaire. « Je suis un peu primitif », dit-il, mais il invoque l’Egypte, la Grèce, admire éperdument Vélasquez et Goya. Il fut un enfant prodige, obtint le premier prix de dessin à l’Ecole des Beaux-arts de Barcelone en 1945, eut un tableau acheté par le musée de cette ville en 1935, à l’âge de quinze ans. Peintre de sujets populaires, voire prolétariens, il aime Raoul Dufy.
Bien qu’ayant légèrement subi l’influence du cubisme et de ses recherches constructives, pratiquant les contrastes des droites et des courbes, il a pourtant adopté une écriture de larges formes arrondies très différentes. En fait, sa simplification robuste ne peut être admise par les tenants de l’art traditionnel, non plus que ceux de « l’avant-garde ». C’est le sort des créateurs originaux d’être exclus par les courants publics, et c’est finalement leur honneur, et leur chance de durer.
Dégagé des manières médiocres et décadentes (ne fut-ce pas le cas de tous les grands peintres jusqu’à Rembrandt et Goya ?), Mentor s’est créé un style très personnel, aux caractères permanents : l’ampleur des figures qui, même dans ses vastes compositions des Peintres Témoins de leur Temps, par lesquels il s’est fait connaître depuis 1953, tendent à déborder le cadre de toutes parts, l’occupation dense et serrée de l’espace, la pureté linéaire des formes, atteignant à la simplicité géométrique, sans jamais pourtant s’écarter de la réalité concrète, même dans ses natures mortes audacieusement transposées, la tendresse légère des tons à dominantes de roses, de jaunes clairs, le rayonnement de la lumière, dévorant parfois des parties entières de la toile. Quant aux thèmes, ils apparaissent divers et essentiels. De l’Espagne il a gardé le goût des flamenco, des corridas, de la guerre civile, traités dans un esprit monumental et synthétique. La France lui a apporté les spectacles innombrables de la vie publique et populaire, les vendanges, un atelier d’imprimerie, la Garde Républicaine, une opération chirurgicale, le cirque, le sport, la plage et bien d’autres. Il a su imposer sa marque aussi au portrait, à la nature morte, au paysage. Cependant, le sujet capital de ses toiles de chevalet reste le nu féminin. La femme épanouie, dont l’ampleur occupe toute la surface du rectangle, ses jambes étant souvent supprimées, incarne l’éblouissement de la chair, devenue la matière première du monde ; sa placidité animale et divine à la fois, dans le rayonnement de sa sensualité féconde, confère à ces peintures la plénitude simple de la sculpture.
Les thèmes multiples de l’art de Mentor se trouvent réunis dans l’immense synthèse de sa « Conquête du Bonheur », où ils prennent un sens et une dimension épiques. La dimension d’abord : ces dizaines de corps serrés en foule, chacun de trois à six mètres, , couvrent quatre cents mètres carrés, nous enveloppant d’une humanité colossale, surgie toute nue du néant, comme à la Sixtine ou dans les fresques de Signorelli à Orvieto. La signification de l’œuvre repose sur la philosophie : celle de la grande aventure du genre humain dans son effort à travers le temps, qui n’est plus le drame religieux et moral de la Bible, mais correspond à l’idée moderne de l’espèce féconde, montant à la conquête de la terre et s’exaltant dans son épanouissement triomphal. Au début, dans l’ombre, on voit les corps qui se soulèvent et s’entraînent les uns les autres ; puis les animaux sont domptés, les productions du sol créées et recueillies. La vie publique s’exalte, enfin dans des fêtes et des danses éclatantes. Au plafond, remplaçant les anges d’autrefois, ce sont de gigantesques corps qui planent et s’entrecroisent dans le ciel. Enfin, entre les fenêtres, les richesses conquises, les fruits, les fleurs, les nourritures, s’accumulent en cascades abondantes. Les couleurs passent des tons sourds et sombres à des fanfares de rouges et de bleus profonds, d’une intensité et d’une harmonie qui marquent un progrès décisif dans l’art du peintre et donnent ici sa pleine mesure.
Un an et demi de travail a été nécessaire pour la réalisation de cette énorme entreprise, que son créateur considère avec modestie, en comparaison avec celles des grands maîtres, Tintoret et Goya. Il espère qu’elle encouragera les jeunes à entrer dans cette voie royale qui réconciliera l’art avec le public, avide de beauté, dont le goût a été naguère déformé par l’académisme dégénéré, et maintenant par les vertiges de l’informel. Assurément, malgré les exceptions constituées par les réussites de Puvis de Chavannes et de Dufy, d’un symbolisme un peu aristocratique, nos murs ne connaissaient plus cette explosion de la vie humaine dans la joie des couleurs et des formes qui illumina les cathédrales médiévales et les palais de la Renaissance.
Mentor a une conscience lucide de la révolution qu’il apporte, en définissant l’art comme une manière de voir la nature éternelle, inspirée par la philosophie. Le peintre, dit-il, ne doit pas tourner à gauche, à droite, monter et descendre l’escalier, sans fin. Il doit laisser la nature à sa place, ne pas confondre le métier avec une recette d’atelier ou un tic d’époque. Comme à chaque siècle, il voit les mêmes choses mais d’une façon différente, il choisit d’après sa pensée du monde, recrée la réalité suivant des rythmes plastiques issus de ses émotions les plus profondes, venues de son adolescence et de son subconscient. C’est ici que Mentor est vraiment un sage, comme la déesse qui portait son nom. Il se refuse à « apporter un message », à fixer sur ses figures un sentiment défini. Il ne veut pas que sa « Conquête de Bonheur » soit une expression de « joie ». ce que l’on doit donner, c’est la plénitude des sensations, parfaitement équilibrées dans la force souveraine de leur intensité – tout comme l’amour, voire le sentiment religieux, quand ils parviennent à leur degré de réalisation suprême, dépassant les accidents et les événements particuliers. Mais le propre de l’art c’est atteindre à cet absolu, sans jamais perdre le contact, l’union intime avec la réalité sensible à l’homme.

L'Humanité, 1erfévrier 1968

Le peintre Mentor vient de faire don au Comité national pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien, de son tableau actuellement exposé au 19e Salon des Peintres Témoins de leur Temps. Intitulé Bombardement au Vietnam, cette vaste toile (3 X 3 m) aux harmonies de deuil et d’incendie, occupe tout un panneau au musée Galliera. Elle transpose sur le mode épique une vision de l’enfer déchaîné à leur passage par les avions yankees : une nuée de robots monstrueux, dont les mufles sont des canons et des mitrailleuses, a envahi l’espace et fonce vers la Terre. Dans sa monumentale décoration exécutée à la Maison de la Jeunesse de La Courneuve, Mentor célébrait La Conquête du Bonheur. C’est ici le génocide qu’il dénonce. Bombardement au Vietnam, qui témoigne avec maîtrise des crimes perpétrés, par Johnson, sera vendu au profit du peuple héroïque pour l’aider à vaincre.

L'Humanité, 4 mars 1968

Événement, samedi à Saint-Denis où la municipalité présentait le grand tableau de Mentor « Bombardement au Vietnam », acheté par la ville pour son musé.
La venue de Waldeck Rochet, secrétaire général du parti communiste Français, président du Comité national d’action pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien, ainsi que de Tran Viet Dung, conseiller de la délégation générale du gouvernement de la République Démocratique du Vietnam en France, soulignait le caractère et l’importance de cette manifestation.
On remarquait également, aux côtés d’Auguste Gillot, des élus municipaux et de Mentor, plusieurs membres du Bureau Politique : Roland Leroy, André Vieuguet et Guy Besse qui prononça une allocution ; Fernand Grenier, député ; Robert Dumay, du Bureau fédéral de la Seine Saint-Denis ; Fernand Belino, Gilbert Lacroix, conseillers généraux, Jean Marcenac ; les peintres Isis Kischka, Monique Arradon, Vladimir Thonet, Birga ; les sculpteurs René Collamarini, vice-président de l’Union des Arts plastiques, Nikolich et Françoise Salmon. Cette rencontre fraternelle, l’aide à un peuple héroïque en fait le prétexte. Après avoir ému les visiteurs du Salon des « Peintres Témoins de leur Temps », « Bombardement au Vietnam » a donné à Saint-Denis l’occasion d’enrichir la contribution déjà considérable de sa population au bateau de la solidarité et perpétuera dans la cité de Degeyter et Paul Eluard, la protestation qu’à toutes les époques de Bruegel à Goya, de Delacroix à Picasso, les créateurs ont élevée contre le massacre des innocents.
Au cours de son allocution, Guy Besse a notamment déclaré : « Mentor nous parle dans sa langue à lui, une langue sans mot, sans phrase, une langue où la littérature n’a pas de lieu, car elle n’est faite que de couleurs et de formes, car elle est la langue du peintre.
« Mentor nous vient de cette Espagne 39, Espagne du deuil et de l’espoir. Hier, il faisait chanter La Courneuve. Il peignait « La Conquête du bonheur », mais sa lumière aujourd’hui, n’éclaire pas le dimanche de la vie. Ce qu’il a vu, pour nous, et qu’il nous signifie, c’est une autre lumière, qui ne sait plus ce qui est animal et ce qui est machine.
« Ce n’est pas une erreur de la vie qui fait ici naître les monstres, c’est le mariage dément de la chair et du métal ; gueules d’animaux qui sont gueules de canons, articulation qui sont engrenages. Partout des yeux ; mais ces yeux ne savent rien de vous, n’ont rien à dire, rien à rêver ; ils ne sont là que pour viser qui les regarde et qui meurt. Ni ciel, ni terre, ni air, ni repos, ni envol, ni dérive. Les formes ne s’ouvrent pas. La ligne ne vous concède aucune liberté, ne vous donne aucun élan ; elle se refuse et se ferme, car le monstre ne peut faire corps qu’avec soi-même, dans un espace opaque à toute parole, à tout amour… »
Après avoir évoqué la forme et le sens de l’art de Mentor, Guy Besse a dit encore : « Mentor vit le drame du Vietnam. D’autres peintres le vivent autrement. Autrement puisque la distance que chaque fois l’artiste doit franchir pour aller de lui-même à la toile, peut être comblée, quand elle l’est, de bien des façons. Je pense par exemple à Abidine, dont la palette, la facture, l’itinéraire sont si différents de ceux de Mentor et qui a peint, lui aussi le Vietnam en guerre. « C’est à dessein que je rapproche deux peintres si éloignés. On m’entendrait mal si on croyait que je veux simplement dire que chaque peintre a son Vietnam. Car si les artistes dont je parle, et beaucoup d’autres, ont le Vietnam en commun avec des millions d’hommes, ils ont en propre la peinture, quelle que soit leur école et quels que soient leurs thèmes (…) »
Souffrir la vérité Vietnam
Pour ne parler que des peintres, Mentor sait bien qu’un peintre n’est pas un ordinateur programmé. Il ne suffit pas qu’il entende Vietnam pour qu’il peigne Vietnam. Il n’y a pas cette toile prise à part, mais l’itinéraire d’un homme, une histoire autour de nous, croisant leur sillon. « Bien d’autres créateurs souffrent la vérité Vietnam sans que cela prenne aujourd’hui ou demain l’apparence d’une peinture ou d’un poème. Et il est bien des manières, pour un artiste de vivre. Nous ne sommes pas ici, vous et moi, pour esquisser un partage entre une école et d’autre, mais pour dire que tous ceux qui créent, quelle que soit leur façon de nous dire leurs peines et leur joie, ou quels que soient leurs échecs, leur rythme, leur sonorité, leurs couleurs, ont en commun quelque chose à défendre, à la lueur du meurtre là-bas, c’est-à-dire tout près. »

Micheline SANDREL, Lettres et Médecins, avril 1968

Vous faites de beaux portraits, Mentor, un seul trait léger et les yeux de votre femme, sa bouche, sa façon de tenir la tête s’inscrivent en quelques secondes sur le papier comme ils sont inscrits dans votre tête.
Le même trait et c’est votre visage, l’œil horizontal la bande droite du front sous les cheveux insolents, le sourcil qui remonte, la ride à la Gary Cooper creusant la joue et le menton très dessiné sous la bouche qui ne l’est pas moins.
Vous vous connaissez. Et fort bien puisque vous avez écrit : « Parmi tous les visages de Bonheur, le plus vrai est celui de l’Amour ». Est-ce cet amour qui vous donne l’intuition ?
Cette dame dont vous avez fait en quelques heures et deux semaines un portrait qui lui ressemble et qui vous ressemble et qui ressemble aussi à son temps, le vôtre, un portrait qu’on verrait bien à la Pinacothèque de Munich, la connaissiez-vous ?
Dépasser les apparences, beaucoup le font heureusement, mais aller jusqu’au cœur ?
Un berger joue du pipeau, vous l’avez vu sans doute, mais vous avez vu en même temps ceux qui jouaient pendant que Virgile écrivait, ceux qui joueront dans cinq mille ans quand sur la terre dévastée, l’herbe recommencera à pousser.
Rien n’est plus éloigné de vous que l’anecdote, pourtant vous l’accueillez, vous la regardez, vous la transcrivez comme vous la voyez, et un accord s’établit avec l’Universel.
Un tableau hallucinant aux « Peintres Témoins de leur Temps » « témoigne » de l’horreur que vous inspire la guerre.
Avec le cri silencieux de Pierre Henry sur le même thème, on ne peut rien faire de plus bouleversant.
Vous connaissez cette guerre-là comme nous la connaissons par des films et celui que déroule la pensée n’est pas le moins affreux, mais vous la connaissez avec les yeux d ec ejeune homme que vous avez été qui dut un jour quitter l’Espagne.
Il reste en vous beaucoup de ce jeune homme.
Aussi envahissant que soit le peintre, il n’aura pas raison de l’homme, de son entêtement, inscrit dans le dessin du menton, dans la courbe du sourcil, dans la vigueur de la main.
Mais l’homme et le peintre se confondent en vous.
« Le problème essentiel c’est que sur des pensées abstraites, un homme ne peut pas bâtir sa vie » m’avez-vous dit un jour. Alors vous la bâtissez cette vie avec des couleurs et des formes. « Mais l’œil ne sert que d’intermédiaire, tout se passe à l’intérieur du cerveau. La peinture paraît assez simple ? Si la sensibilité et la culture ne sont pas au même niveau, vous n’avez rien à entendre. Oh ! la belle pomme ! Oh ! le beau cheval ! Mais ce qu’il y a derrière cette beauté : comment le faire comprendre ? »
Et vous avez insisté :
« Le problème essentiel, se faire comprendre au-delà de ce que figure la chose, un nu, un paysage, une tache ».
Et en insistant vous avez bien défini ce qui est l’objet et de votre vie et de votre recherche :
Plus loin !